Havaianas : bien choisir son modèle, sa taille et les faire durer
Nées au Brésil en 1962, les tongs Havaianas descendent directement des zōri japonaises, ces sandales de paille tressée portées avec le kimono. C'est de là que vient le détail le plus reconnaissable de la marque : le motif en grains de riz imprimé sur la semelle, qui imitait à l'origine la paille. Voici ce qu'il faut savoir avant de choisir une paire, et comment la garder plusieurs étés.
Le caoutchouc, et pourquoi il change tout
Contrairement à la plupart des tongs vendues en grande surface, qui utilisent une mousse EVA injectée, la semelle reste ici en caoutchouc. La différence ne se voit pas en vitrine, elle se sent au bout de trois semaines.
- Le caoutchouc ne s'écrase pas de façon définitive : il reprend son épaisseur au repos, là où une mousse bon marché garde le creux du talon.
- Il n'absorbe pas l'eau, donc il ne prend pas l'odeur du sel ou de la piscine et sèche en quelques minutes.
- Il accroche mieux sur sol mouillé, en particulier sur le carrelage autour d'un bassin.
- En contrepartie, il est plus lourd et il craint la chaleur extrême : un tableau de bord de voiture en plein soleil peut déformer une paire en une journée.
Les modèles, et à qui ils s'adressent
Top
Le modèle historique, celui de 1962. Semelle épaisse à deux couleurs, lanière ronde et unie, aucun décor. C'est le plus sobre et le plus solide du catalogue, celui que l'on choisit pour un usage quotidien plutôt que pour l'allure.
Slim
Même semelle, mais une lanière plus fine d'environ un tiers et un profil légèrement affiné. Pensé pour un pied féminin, il se porte davantage en ville qu'à la plage. La lanière fine marque un peu plus l'entre-orteils les premiers jours.
Brasil Logo
La version au drapeau brésilien sur la lanière, devenue la signature de la marque à l'étranger. Construction identique au Top, seule la décoration change.
Tradicional
La déclinaison monochrome, semelle et lanière de la même couleur, sans marquage voyant. C'est le choix discret, souvent adopté pour l'intérieur ou l'hôtel.
Luna et Twist
Les modèles à bride arrière : le pied est tenu au talon, ce qui autorise une marche plus longue et un pas plus rapide qu'une tong classique. Bon compromis pour une journée entière dehors.
Aqua et You
Sandales à bride large, en matière souple, conçues pour l'eau. La bride répartit l'appui sur tout le dessus du pied au lieu de le concentrer entre deux orteils : c'est la solution pour ceux qui ne supportent pas la lanière.
Flatform
La semelle compensée, entre trois et quatre centimètres. Elle change complètement la démarche : l'appui est plus stable qu'il n'y paraît, mais l'amorti du caoutchouc se ressent moins.
Enfants et bébés
Les gammes enfant reprennent la semelle adulte à échelle réduite, avec une lanière plus courte. Les modèles bébé ajoutent une bride arrière élastique, indispensable avant trois ans : sans elle, la tong se perd au premier pas rapide.
Le système de tailles, la vraie difficulté
C'est le point qui provoque presque toutes les déceptions. Les tailles brésiliennes vont par paires — 37/38, 39/40, 41/42 — et une même semelle couvre donc deux pointures. Ce n'est pas une approximation commerciale : la tong n'enferme pas le pied, un demi-centimètre de jeu ne se voit pas au porté.
Deux conséquences pratiques. Si vous portez la plus petite des deux pointures, la semelle dépassera légèrement à l'arrière, ce qui est normal et sans gêne. Si vous portez la plus grande, le talon arrivera presque au bord : dans ce cas, monter à la paire supérieure est plus confortable, surtout pour marcher.
| Taille indiquée | Pointure FR | Longueur du pied |
|---|---|---|
| 33/34 | 33 à 34 | environ 22,5 cm |
| 35/36 | 35 à 36 | environ 23,5 cm |
| 37/38 | 37 à 38 | environ 24,5 cm |
| 39/40 | 39 à 40 | environ 25,5 cm |
| 41/42 | 41 à 42 | environ 26,5 cm |
| 43/44 | 43 à 44 | environ 27,5 cm |
| 45/46 | 45 à 46 | environ 28,5 cm |
La mesure qui évite l'erreur : posez le talon contre un mur, marquez au sol l'extrémité du gros orteil, mesurez. Faites-le en fin de journée, pied nu, les deux pieds : ils diffèrent souvent de trois à cinq millimètres et c'est le plus grand qui décide.
Les modèles à bride, Luna et Aqua, chaussent un peu plus juste que les tongs classiques parce que le pied y est maintenu. Si vous hésitez sur ces références, prenez la paire au-dessus.
Les premiers jours
Une lanière neuve est rigide et frotte entre les orteils. Le rodage demande trois à quatre sorties courtes ; le forcer sur une longue marche est le meilleur moyen de se faire une ampoule à la naissance du gros orteil. Un peu de talc ou de baume sur la zone de frottement suffit à passer ce cap.
Si la lanière reste douloureuse au bout d'une semaine, le problème n'est pas le rodage mais la taille : la semelle est trop courte et le pied glisse vers l'avant à chaque pas.
Entretien
- Lavage à l'eau tiède avec un savon doux et une brosse souple ; le lave-vaisselle et la machine à laver déforment la semelle.
- Séchage à l'ombre, jamais sur un radiateur ni derrière une vitre de voiture.
- Le sable incrusté dans les grains de riz de la semelle s'enlève avec une vieille brosse à dents sèche, avant tout passage à l'eau.
- Sur une semelle claire jaunie par la crème solaire, une pâte de bicarbonate laissée dix minutes fonctionne mieux que n'importe quel détergent.
- Rangement à plat. Une tong stockée pliée dans un sac garde le pli plusieurs semaines.
Une lanière qui sort de son logement
C'est la panne classique, et elle se répare. La lanière est maintenue par un embout élargi qui traverse la semelle : il suffit de le repousser depuis le dessous, à l'aide d'une pince à épiler ou du manche d'une petite cuillère, jusqu'à ce qu'il ressorte complètement de l'autre côté. Tirer par le dessus, en revanche, finit par déchirer la semelle autour du trou.
Quand faut-il changer de paire
Portée tout un été, une paire tient en général deux à trois saisons. Deux signaux annoncent la fin : les grains de riz de la semelle sont effacés aux points d'appui, ce qui fait perdre l'adhérence sur sol mouillé, et le caoutchouc s'est aminci sous le talon au point de laisser sentir le sol. Continuer au-delà reporte la charge sur le talon et l'arrière du mollet.
Reconnaître une paire authentique
Les copies sont nombreuses et se repèrent sans être expert.
- Le motif en grains de riz est net et régulier sur toute la semelle, y compris sous le talon.
- La lanière est en caoutchouc souple, pas en plastique brillant, et elle revient d'elle-même après une torsion.
- La marque est gravée en creux dans la semelle, pas seulement imprimée en surface.
- Une paire authentique dégage une odeur de caoutchouc naturel, jamais une odeur chimique piquante.
Questions fréquentes
Peut-on marcher longtemps avec des tongs ?
Pour une journée de plage ou une promenade en ville, oui. Au-delà de quelques kilomètres, l'absence de maintien du talon oblige les orteils à se crisper pour retenir la semelle, ce qui fatigue l'avant du pied. Les modèles à bride arrière repoussent nettement cette limite.
Comment enlever une odeur persistante ?
Un bain d'eau tiède avec deux cuillères de bicarbonate pendant une heure, puis rinçage et séchage complet à l'ombre. L'odeur vient presque toujours d'un film organique resté sur la semelle, pas du caoutchouc lui-même.
Le caoutchouc craint-il l'eau de mer ?
Non, mais le sel laissé à sécher dessus le ternit et le rend cassant à la longue. Un rinçage à l'eau claire en rentrant suffit à l'éviter.